J’ai lu un article dans le magazine Flow de mars-avril 2026 sur le retour du printemps et franchement… je me suis reconnue dedans du début à la fin.
Parce qu’il y a ce moment très précis, chaque année, où quelque chose change. Pas forcément de manière spectaculaire. Ce n’est pas une musique épique avec des oiseaux qui chantent autour de moi pendant que je tourne sur moi-même dans un champ de fleurs (même si l’image est sympa).
Non.
C’est plutôt ce rayon de soleil qui arrive soudain dans la cuisine et qui me fait voir la poussière sur les meubles que j’ignorais très bien jusque-là. C’est cette envie brutale d’ouvrir les fenêtres en grand, de marcher davantage, de prévoir des escapades partout, de refaire le monde… et aussi de réorganiser un placard à 22h30 un mardi soir.
Le printemps me donne toujours l’impression que quelque chose se réveille. Dans la nature, évidemment. Mais aussi en moi.
Le retour de la lumière change vraiment quelque chose
Dans l’article, le biologiste Patrick van Veen explique que nous réagissons énormément au retour de la lumière. Et honnêtement, ça fait sens.
Je le vois chaque année : dès que les journées rallongent, mon énergie revient doucement. Mon cerveau recommence à fabriquer des projets à la vitesse d’une machine à popcorn. J’ai envie de sortir, d’écrire, de visiter des villages, de reprendre mille idées laissées en pause pendant l’hiver. Quoique vous le savez faire pause chez moi c’est extrêmement rare voire c’est mauvais signe.
Mais le problème, c’est qu’avec cette énergie revient aussi une forme de fébrilité.
Je veux tout faire.
Tout de suite.
Et souvent en même temps.
Le printemps, chez moi, c’est un peu :
- réserver un week-end avant même d’avoir posé mes congés,
- acheter des graines alors que je suis capable d’oublier d’arroser une plante,
- faire une to-do list de 47 points,
- puis finir par boire une grenadine au soleil en regardant mes chats parce que j’ai changé 4 fois de plans.
Et peut-être que ce n’est pas grave.
Réapprendre à vivre au rythme des saisons
Ce que j’ai adoré dans cet article, c’est cette idée qu’on a complètement perdu le rythme naturel des saisons.
Petite, je vivais ça sans y penser. L’hiver avait une odeur. L’automne aussi. Le printemps, c’était les jonquilles, Pâques, les premiers repas dehors, les chaussures qu’on remet “juste parce qu’il fait 17 degrés cet après-midi”.
Aujourd’hui, nos vies continuent à la même vitesse toute l’année.
Réunions.
Mails.
Courses.
Dossiers.
Notifications.
Machine à laver.
Et parfois… fatigue générale existentielle un mardi à 18h12.
Alors j’aime cette idée de ralentir un peu pour observer ce qui change autour de moi.
Parce que la nature, elle, prend son temps.
Les bourgeons n’explosent pas du jour au lendemain.
Les saisons ne basculent pas en une nuit.
Tout arrive progressivement.
Et peut-être qu’on devrait fonctionner pareil. Enfin moi je sais que je fonctionne comme ça et même si je suis plus ville que campagne j’aime cette façon de vivre en suivant la nature.
Le printemps n’est pas une injonction à devenir une meilleure version de soi-même
Je crois qu’on subit aussi beaucoup cette pression du “renouveau”.
Il faudrait :
- reprendre le sport,
- manger plus sain,
- ranger sa maison,
- changer de vie,
- devenir organisée,
- méditer au lever du soleil,
- boire de l’eau citronnée,
- et probablement courir pieds nus dans l’herbe au petit matin.
Personnellement, je me fiche totalement de cela. Je vais à mon rythme comme je l’entends.
L’article parle justement de cette nécessité d’aller doucement. De laisser émerger les envies sans immédiatement les transformer en objectifs à rentabiliser. Ça c’est un point nouveau qui est apparu chez moi la rentabilité et qui a dû partir aussi vite qu’il est venu.
Je me suis mise à courir j’ai fait des semi et des marathons on m’a dit en club que j’étais nulle. J’ai laissé tomber les clubs j’ai fait moi même pour me faire plaisir et c’était bien le plus important.
Et ça m’a parlé.
Parce que je fonctionne souvent par enthousiasme fulgurant :
“Et si je faisais un nouveau projet ?”
“Et si je partais trois jours voir la mer ?”
“Et si je refaisais toute la déco ?”
J’ai l’énergie d’un papillon sous caféine mais je vais au bout des choses. J’aime les chapeaux bam je fais une formation pour devenir chapelière.
Puis il y a d’autres rêves qui me prennent plus de temps. Une semaine, un mois, une année, 10 ans, d’autres que je ne réaliserai peut être pas mais cette idée de laisser les projets mûrir tranquillement… je la laisse se faire en moi.
Faire de la place, au sens propre comme au figuré
L’article évoque aussi le fameux ménage de printemps.
Et là encore : énorme vérité.
Chaque année, dès les premiers beaux jours, j’ai une obsession étrange pour le tri. C’est faux : j’aime l’ordre, la discipline et je suis toujours dans le rangement j’aime ça !
Mais cette année pour réaliser un projet dans quelques temps j’ai commencé à :
- vider des tiroirs,
- donner des vêtements,
- ranger les papiers,
- aérer absolument tout,
- jeter ce qui n’étais pas nécessaire
- acheter beaucoup moins de babioles inutiles pour souvenir…
Comme si ouvrir les fenêtres aidait aussi à ouvrir un peu l’esprit.
Et finalement, je crois que oui.
Faire de la place chez soi, c’est parfois faire de la place dans sa tête.
On garde tellement de choses inutilement :
des objets,
des habitudes,
des obligations,
des pensées,
des culpabilités,
des projets qui ne nous ressemblent plus.
Le printemps me rappelle chaque année qu’on a le droit d’alléger un peu tout ça.
Sortir de son nid
J’ai particulièrement aimé ce passage sur le fait de “sortir de son nid”. Même si moi ça m’échappe. L’hiver ou s’il pleuve ne m’empêchent pas de sortir mais je vois qu’ici les gens trouvent des excuses pour tout. Trop froid. Trop de pluie. Trop chaud. Moi m’en fiche. Je sors tout le temps. Vivre en Suède m’a appris qu’il n’y avait pas de mauvais temps que des mauvais vêtements.
Après l’hiver, on retourne dehors.
On marche davantage.
On lève les yeux.
On entend de nouveau les oiseaux le matin.
Et ça paraît bête mais… ça change tout.
Moi qui adore découvrir des villages, marcher pendant des heures et visiter des musées, je sens vraiment cette énergie revenir au printemps.
J’ai envie d’explorer.
De bouger.
De respirer autre chose mais différent. Juste avec ce bout de soleil avec moi qui m’accompagne.
Ce qui s’éveille en moi cette année
Dans les dernières pages de l’article, il y a une série de questions :
Qu’est-ce qui s’éveille en vous ?
Que voulez-vous réaliser ?
De quoi avez-vous besoin de vous débarrasser ?
Et je trouve ça beau de prendre quelques minutes pour y réfléchir.
Cette année, je crois que j’ai surtout envie :
- de ralentir un peu sans culpabiliser,
- de profiter davantage des moments simples,
- de continuer à découvrir des lieux qui racontent quelque chose,
- d’écrire encore plus,
- et de laisser un peu de place à l’imprévu.
Sans vouloir transformer chaque envie en mission.
Après tout, le printemps n’est peut-être pas là pour nous pousser à devenir quelqu’un d’autre.
Peut-être qu’il est juste là pour nous rappeler qu’on peut recommencer doucement à éclore nous aussi.
