Et si ne pas partager devenait le vrai luxe du voyage ?
Je vais être honnête avec vous : pendant longtemps, et peut être encore aujourd’hui j’ai envie de faire partie de ces voyageurs qui partagent tout. Le joli café caché, la plage secrète, la ruelle parfaite… 📸
Parce que partager, c’est généreux. C’est inspirer. C’est presque… une mission.
Et puis maintenant, je commence à douter.
Le voyage est-il devenu une preuve plutôt qu’une expérience ?
Je me suis surprise à me poser une question un peu dérangeante :
Est-ce que je voyage encore pour ressentir… ou pour montrer que j’y étais ?
On ne découvre plus vraiment.
On coche.
On reproduit.
On attend son tour pour LA photo.
Le “joyau caché” n’en est plus un. Il devient une file d’attente.
Et ça, ça change tout.
Et en fait je déteste ces endroits. Je déteste la foule. La masse. C’est pas attendre qui m’embête c’est attendre pour avoir la même photo que les autres avec moi dessus. Souvent je ne la fais pas.
Vous le voyez sur mes réseaux je ne poste pas de photo de moi. Parce que j’en ai pas en fait. Je ne me photographie pas quelque part. Je photographie ce que je trouve beau. Et forcément sur les réseaux ça semble moche parce que non conventionnel.
J’aurai peut être jamais les 1000 ou 3000 followers qu’il faut pour avoir les contrats tant pis ! Je n’en ferai pas mon job.
Quand la beauté devient victime de son succès
Le cas du Mont Fuji au Japon
À Fujikawaguchiko, au Japon, une simple vue sur le Mont Fuji est devenue virale.
Résultat ? Des hordes de touristes. Des routes bloquées. Une ville paralysée.
La solution ? Radicale. Les autorités ont installé… un immense rideau noir pour cacher la vue. Oui, tu as bien lu. On a dû cacher une montagne pour la protéger.
La beauté, victime de sa viralité.
L’Islande et la nature piétinée
En Islande, un canyon préservé depuis des milliers d’années a été propulsé sous les projecteurs après un clip musical.
Quelques mois ont suffi. La mousse, fragile, a été détruite. Le site a dû être fermé.
Un simple géotag peut suffire à abîmer un écosystème entier.
J’y suis allée plusieurs fois en Islande et je me souviens très bien ma première fois. Il était indiqué partout qu’il fallait préserver la nature ne pas marcher sur la mousse, ne pas rouler n’importe où alors avec mon vélo et ma tente, j’ai vagabonder sans laisser de trace. Dormant sur des sols très dur plutôt que la mousse qui semblait si douce.
Le silence digital : égoïste… ou responsable ?
Pendant longtemps, ne pas partager un lieu était vu comme élitiste.
Comme si on gardait un secret “juste pour soi”.
Mais aujourd’hui, la question évolue.
👉 Et si ne pas partager était un acte de protection ?
On vit dans un monde où les réseaux nous donnent l’impression que tout nous est dû.
Que chaque paysage est un décor. Que la nature est du contenu. Mais NON.
La nature n’est pas un fond Instagram. C’est un sanctuaire.
Durant notre tour du monde à vélo, nous avons pris soin de ne laisser aucune marque. Même quand l’herbe était couchée parce qu’on avait mis la tente là pour la nuit, on la brossait le matin pour qu’elle revienne.
Ma nouvelle façon de voyager
Je ne vais pas te mentir : ça a changé ma manière de voir le monde.
Aujourd’hui, quand je découvre un endroit magique, je me pose une question simple :
👉 Est-ce que ce lieu a besoin de visibilité… ou de silence ?
Parfois, je partage. Pas toujours. Plus aussi souvent. Mais autrement.
Je raconte l’émotion Je montre les couleurs Je parle du ressenti. Je ne trafique pas mes photos comme le font les photographes. Moi je ne vois pas un renard orange fluo dans la nature je le vois marron roux. Je déteste les retouches si forte. Même des grands et reconnus photographes. C’est mon appréciation elle ne fait pas l’unanimité, peu m’importe.
Mais je garde le lieu flou. Presque secret.
Parce que certains endroits méritent de rester des rencontres… pas des tendances.
J’ai la chance d’avoir beaucoup vagabonder dans le monde et j’ai plein de choses à raconter mais je crois qu’elles me font plus grandir que je n’ai envie de les exposer. Ce sont mes rencontres, celles qui m’ont forgées et cela n’a pas besoin d’être exposé.
On m’a longtemps dis tu devrais écrire un livre. Mais en fait pour dire quoi ? La même chose que tous ces livres de voyageurs ? Pour faire de moi « quelqu’un » qu’on reconnaît qui a fait une aventure ? Oui j’aurai aimé en vivre de mes aventures comme je ne les nommerai pas mais si d’un côté c’est mettre en avant le monde en péril c’est aussi mettre en péril le monde. Alors non je reste discrète. Je n’ai pas besoin de reconnaissance pour exister. Je sais qui je suis et où je vais. Mon seul but est d’être un soleil qui réconforte et apporte apaisement aux personnes que je côtoie.
Une nouvelle règle pour voyager autrement
On a grandi avec cette idée :
“Prends seulement des photos, laisse seulement des empreintes.”
Mais aujourd’hui, j’ai envie de la réécrire :
👉 Et si on ne laissait même plus d’empreinte digitale ?
Le silence digital, ce n’est pas exclure. C’est laisser le temps à la nature de respirer. C’est préserver la magie.
💭 Et toi, tu en penses quoi ?
Je suis curieuse. Vraiment.
👉 Est-ce que tu continues à tout partager ?
👉 Ou est-ce que toi aussi, tu gardes certains endroits pour toi ?
Parce qu’au fond, le vrai luxe aujourd’hui, ce n’est peut-être plus de voir…
C’est de savoir préserver ce qui mérite de rester rare.
